Comment la Marne se prépare à la troisième vague, «qui arrive et qui risque d’être aussi dure que les autres»

Journal l’Union

Pour «faire face à la vague qui sera là dans deux semaines, trois maximum», des déprogrammations sont désormais envisagées dans les hôpitaux marnais.

La Marne doit se préparer à « affronter » la nouvelle vague, ont averti, ce mercredi, le préfet et le délégué de l’Agence régionale de santé, alors que les chiffres « explosent » et que des déprogrammations sont envisagées dans les hôpitaux. La Marne ne devrait cependant pas être reconfinée, mais au contraire accueillir des transferts de patients de l’Aube.

Il nous reste quinze jours pour essayer de juguler la vague qui s’annonce. » Thierry Alibert, délégué marnais de l’Agence régionale de santé, a prévenu, lors d’un point presse ce mercredi en préfecture  : alors que la Marne est « prise en tenaille » entre des départements en « rouge écarlate », comme l’Aube et l’Aisne, « tous les chiffres marnais commencent à rougir sérieusement ». C’est le cas notamment dans les bassins de vie de Reims, « où les chiffres ont explosé », et Épernay, « où on se prépare à des jours assez sombres ».

70 % de variants anglais

Depuis un mois, le taux d’incidence dans la Marne, qui s’élevait à 146,5 le 17 février, a bondi, pour s’établir à 225,2 le 17 mars (252 dans le Grand Reims). Dans le même temps, le taux de positivité est passé de 4,5 à 6,9 % (7,5 dans l’agglomération rémoise). À ce jour, le variant anglais représente « 70 % des contaminations » dans le département.

Dans ce contexte, la seule « bonne » nouvelle vient de la vaccination, selon les autorités, puisque « la question du nombre de doses n’est plus un problème »  : 45000 injections ont été réalisées depuis janvier, sur 8 % de la population.

Le CHU de Reims devrait accueillir des transferts de patients de l’Aube, et les hôpitaux du Grand Est des malades d’Ile-de-France

Pour le reste, le ton léger des dernières semaines a cédé la place à une tonalité beaucoup plus alarmiste. « La vague qui arrive risque d’être aussi dure que celles que nous avons déjà affrontées, avec un grand nombre de décès », met en garde Thierry Alibert. « Nous devons redoubler d’efforts », prévient le préfet Pierre N’Gahane, qui a signé un nouvel arrêté étendant le port du masque à l’ensemble des villes de Reims, Tinqueux, Cormontreuil et Bétheny.

Déprogrammations imminentes

« La pression s’accroît sur le système hospitalier, avec 85 % de taux d’occupation », poursuit M. Alibert, qui ne cache pas « un épuisement des personnels de santé ». La situation dans les établissements présente toutefois des différences : l’hôpital de Châlons « arrive à saturation », alors qu’il reste « un peu de marge de manœuvre » au CHU de Reims et à Épernay.

Pour libérer des lits et du personnel, et pouvoir « faire face à la vague qui sera là dans deux semaines, trois maximum », des déprogrammations sont désormais envisagées. « On a quinze jours pour préparer la déprogrammation, afin d’accroître nos capacités en soins critiques », explique le directeur de l’ARS.

Pas de reconfinement en vue

Cette place doit servir notamment à accueillir, prochainement, des patients de l’Aube, où le système hospitalier est saturé. « Au titre de la solidarité, on travaille avec le CHU de Reims et la clinique Courlancy de Bezannes pour accueillir des transferts de l’Aube », annonce le responsable de l’ARS. Quand au Grand Est, « elle pourrait être région réceptacle pour les transferts de malades d’Ile-de-France ».

En revanche, s’il est fortement question de reconfinement en Ile-de-France et dans les Hauts de France, « pour l’instant la Marne est épargnée par cette mesure de confinement : on ne fait pas partie des départements concernés », assurent le préfet et le responsable de l’ARS.

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